Auto-justice et justice criminelle coopérative

Y a-t-il de la place pour les cyber justiciers dans la lutte contre le cyber crime? C’est la question que s’est posée Karine E Silva de l’Université de Tilburg aux Pays-Bas.

L’auto-justice est un mouvement social composé d’individus qui exécutent la loi lorsqu’ils considèrent que des normes institutionnalisées ont été transgressées par un individu ou un groupe d’individus. La cyber auto-justice est perçue comme une variante de l’auto-justice car elle prend place sur Internet ou via les systèmes d’information. L’auteure définit la cyber auto-justice comme étant un mouvement social composé par des individus ou un groupe d’individus qui répondent à un acte criminel, ou perçu comme criminel, contre Internet ou les systèmes d’information via des moyens techniques.

D’un point de vue légal, se pose alors la question du traitement de la cyber auto-justice. Silva utilise le concept de défense de l’autre qui s’apparente à celui d’auto défense, c’est-à-dire, que dans certains cas une personne tierce peut agir afin de défendre une autre personne. À partir de ce concept l’auteure argumente que les actes des cyber justiciers s’apparente à de la défense de l’autre. Elle cite les exemples de BrickerBot et de Ransomware où les actions de citoyens, en ayant recours à des cyber attaques, ont permis de mettre à terme des cyber crimes. L’auteure soulève une autre question légale, car en agissant de la sorte, les justiciers parfois, altèrent les preuves et rendent la poursuite criminelle des infracteurs difficiles pour le système de justice.

En cyber sécurité, l’approche multipartite est importante pour le succès des opérations, parce que l’architecture d’Internet et des systèmes d’informations est constituée par des acteurs privés et publics et est gérée par une multitude d’acteurs. Dans cette optique, les États, les entreprises et les citoyens ont tous un rôle à jouer dans la responsabilité et la reddition des comptes. L’auteure suggère de créer un cadre légal qui prendrait en compte le rôle des cyber justiciers au risque de voir ses derniers créer une culture sociale parallèle où des citoyens prendrait les choses en main et où les justiciers et les criminels seraient pénalisés de la même manière.

Citer: Silva, K. K. e. (2018). Vigilantism and cooperative criminal justice: is there a place for cybersecurity vigilantes in cybercrime fighting? International Review of Law, Computers & Technology, 32(1), 21-36.

Source: https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13600869.2018.1418142

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